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Conclusion

De l’instant - entre-deux
temporel - j’ai tenté à travers ma recherche de recréer
un entre-deux matériel qui serait visible dans mon travail.
Pour ce faire, ma démarche
a tout d’abord cheminé vers l’exploration d’une série
d’oppositions - visible et invisible, endroit et envers, intérieur
et extérieur, recto et verso, vide et plein, etc... Ces oppositions
sont paradoxe et paradoxalement complémentaires. Le paradoxe
c’est l’incongruité, le décalage, c’est l’intervention
de l’invisible dans le visible ; mais s’il est réversible
il est aussi intervention du visible dans l’invisible. C’est donc tout
d’abord à l’envers des choses que je me suis aventurée
pour y découvrir le mystère du ravissement qui intervient
dans l’instant.
" Le
bruissement, le fredonnement, l’odeur,
tout
semblait se presser voluptueusement contre quelque membrane ;
non pour la rompre,
mais pour vous entourer du bourdonnement
d’une ivresse de plaisir si totale
que je m’arrêtais net, humais l’air,
regardais.
Mais là encore je ne puis décrire
ce ravissement.
Il était
ravissement plutôt qu’extase. "

Mais
s’il n’est pas possible de décrire, de représenter le
surgissement de l’instant, il semblerait cependant qu’il puisse être
créé ; même si pour Michel Serres il n’y a
pas en matière de temps de " main
tenant " .
De
l’exploration de ces espaces opposés, ma recherche m’a conduite
vers une union des deux afin de créer un troisième lieu
qui en est la fusion ainsi que le croisement : leur interface.
Plusieurs éléments contribuent à cette union :
ceux propre aux travaux - matériaux transparents, fil qui traverse
l’épaisseur de la matière qui est ainsi plus qu’un simple
support mais espace individuel, matière à part entière
- tout aussi bien qu’extérieurs à eux - le regard ou la
présence même du regardeur. " Mes
mouvements et ceux de mes yeux font vibrer le monde "
. Les limites sont abolies par " l’entrevision
du je-ne-sais-quoi "
qui permet ainsi de faire un saut du Presque-rien vers
le Tout.
C’est en remontant à
rebours de mon travail - son effectuation et le choix de ses titres
- que je me suis posée la question du suspens et du suspense
qui en découle. Ainsi, retard ou suspens de l’achèvement
de l’oeuvre, de la lecture ou compréhension de celle-ci - au
niveau plastique tout aussi bien que textuel, à travers les points
de suspension présents dans le titre - sont autant d’éléments
qui permettent de suggérer et d’augmenter le suspense, qui va
l’entourer. Cela crée un mystère qui renvoi à celui
de l’instant et du ravissement.
" Que
l’apparition disparaissante, au lieu de se continuer sans intermission,
devienne sporadique, et le devenir qui la tient en suspens exalterait
de lui-même ce je-ne-sais-quoi d’opaque et de diaphane tout ensemble,
dont le nom est mystère. "
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Chapitre
III |
Bibliographie
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